CINQ TFWA, QUATRE ANS À CULTIVER L’ART DU PARFAITEMENT DÉCALÉ

CINQ TFWA, QUATRE ANS À CULTIVER L’ART DU PARFAITEMENT DÉCALÉ


ANOMALIA PARIS À CANNES : CINQ TFWA, QUATRE ANS À CULTIVER L’ART DU PARFAITEMENT DÉCALÉ

Il est des rituels que l’on ne remet plus vraiment en question. Pour ANOMALIA PARIS, septembre à Cannes en fait désormais partie. Cette année marquait notre cinquième participation au TFWA, une nouvelle fois depuis notre suite de l’Hôtel Martinez, où parfum, conversations, business, amitiés et cette forme de chaos très élégant que Cannes maîtrise mieux que personne sont peu à peu devenus partie intégrante du calendrier de la maison.

Cinq éditions du TFWA ne représentent peut-être pas une éternité, mais dans la parfumerie indépendante, elles contiennent déjà une quantité étonnante d’histoire. Les marchés changent, les goûts se déplacent, des maisons apparaissent et disparaissent, le retail se complexifie, tandis que l’industrie semble se découvrir une nouvelle obsession tous les quarts d’heure. Au milieu de tout cela, Cannes reste l’un des rares moments où les personnes derrière les e-mails, les commandes, les lancements et les accords de distribution se retrouvent enfin face à face, sentent quelque chose ensemble et ont une vraie conversation.

ANOMALIA PARIS au TFWA Cannes, Hôtel Martinez

Cette année, nous avons été particulièrement heureux de retrouver les partenaires qui accompagnent déjà l’histoire d’ANOMALIA, mais aussi d’accueillir de nouveaux visages dans notre suite du Martinez. Certains venaient pour un rendez-vous, d’autres pour découvrir les parfums, d’autres encore par simple curiosité, et comme souvent à Cannes, les conversations les plus intéressantes n’étaient pas nécessairement celles qui figuraient à l’agenda.

Au centre de cette édition se trouvaient nos deux nouvelles créations, Matcha Woodoo et Fallen Milk, deux interprétations très différentes du matcha, pensées pour être portées seules, superposées ou comprises comme une petite contradiction adressée à l’idée selon laquelle une tendance devrait nécessairement sentir comme tout le monde l’imagine.

Présentation ANOMALIA PARIS à l’Hôtel Martinez pendant le TFWA Cannes

 

Matcha Woodoo éloigne le matcha de l’imaginaire convenu du latte gourmand pour l’emmener vers quelque chose de plus sombre, plus sec et plus texturé, entre bois, santal et l’étrange élégance d’un vert débarrassé de toute douceur attendue. Fallen Milk prend la direction inverse, plus tendre, plus tactile, avec une dimension lactée presque rassurante, qui paraît innocente jusqu’au moment où elle commence à transformer tout ce qu’elle touche.

Ensemble, ils sont devenus notre rituel cannois : l’un sombre, l’autre doux, et aucun des deux particulièrement décidé à se comporter comme le genre de parfum au matcha que le marché pense déjà connaître.

Matcha Woodoo et Fallen Milk par ANOMALIA PARIS au TFWA CannesLe TFWA a toujours été un mélange assez singulier de théâtre et de réalité. La Croisette est impeccable, les hôtels débordent, les agendas sont absurdes et tout le monde fait semblant de ne pas être épuisé. Derrière cette mise en scène parfaitement huilée, pourtant, l’industrie reste fondamentalement gouvernée par l’instinct humain. On sent, on réagit, on compare, on discute, on se souvient et, parfois, on tombe amoureux d’un parfum que l’on n’avait absolument pas prévu d’aimer.

C’est précisément pour cela que présenter un nouveau parfum en personne reste essentiel. Une fragrance peut être magnifiquement photographiée, parfaitement racontée et impeccablement marketée, mais il existe encore un instant impossible à fabriquer : celui qui suit immédiatement le premier spray sur la peau, lorsque le visage de la personne en face de vous change légèrement.

Partenaires et invités chez ANOMALIA PARIS pendant le TFWA Cannes

Cette édition de Cannes nous donnait également une autre raison de célébrer. ANOMALIA PARIS fêtait ses quatre ans et, désormais, marquer notre anniversaire pendant le TFWA est devenu presque aussi traditionnel que présenter la collection depuis le Martinez. Quatre ans, c’est encore assez jeune pour rester dangereux, mais déjà suffisamment long pour avoir construit une histoire, un réseau de partenaires à travers le monde et surtout un point de vue assez précis pour savoir ce que nous refusons de devenir.

Nous n’avons jamais été particulièrement attirés par les parfums créés par consensus, ni par l’idée de suivre une esthétique simplement parce que le marché a décidé qu’elle était commercialement rassurante. ANOMALIA est née de l’instinct inverse : prendre quelque chose de familier, le déplacer légèrement, puis continuer jusqu’à ce que l’erreur devienne précisément la partie la plus intéressante.

ANOMALIA PARIS célèbre ses quatre ans à Cannes pendant le TFWA

Notre cinquième TFWA n’était donc pas simplement un salon de plus. Ce furent quelques jours très intenses à retrouver de vieux amis, en rencontrer de nouveaux, présenter Matcha Woodoo et Fallen Milk au-delà de notre propre univers, célébrer les quatre ans d’ANOMALIA et se rappeler pourquoi, malgré tout ce qui peut rendre cette industrie profondément agaçante, le parfum reste encore l’un des métiers les plus fascinants qui soient.

À tous ceux qui sont venus nous voir au Martinez, qui ont senti avec nous, discuté avec nous, ri avec nous, découvert les nouveaux parfums ou simplement fait partie de l’histoire d’ANOMALIA à un moment ou à un autre, merci.

Cinq TFWA plus tard, Cannes ressemble toujours moins à un salon professionnel qu’à l’une de nos traditions familiales légèrement déraisonnables.

Et nous comptons bien la garder ainsi.